Petit détour en Italie : canyoning dans le Val Stura

Début Juillet, la saison en club d’escalade est terminée. Je décide de me prendre quelques jours de congés pour prendre un plaisir tout personnel en canyon avant de me lancer corps et âme dans la saison. C’est donc avec Yannick et Gwen que nous passons le col de la Lombarde au dessus d’Isola 2000 pour redescendre dans le val Stura où se trouvent quelques beau canyons alpins : le rio della Madonna, le rio Bandia, le rio Conforent et la cascate de Barricate.

Nous arrivons en milieu de matinée, le temps est maussade. La plupart de ces canyons présentent un débit important et un équipement pas forcément neuf. Nous jouons la carte de la prudence, de la pluie est annoncée dans l’après-midi, nous décidons d’aller voir le rio della Madonna.

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Garés au petit village de Sambuco, nous attaquons une jolie marche d’approche d’une heure pour arriver au dessus d’une belle faille dans la roche où s’engouffrent les eaux du rio. Le temps se maintient, la faille est courte et c’est la seule partie engagée du canyon. Le débit nous paraît correct, on s’engage allègrement dans la première cascade, première d’une belle série plus ou moins arrosée, sans grosse difficulté. Le débit nous permet de nous amuser sur les cordes. Après l’étroit, le jeu continue et nous sommes bien joyeux quand nous arrivons à la fin du canyon : nous nous attendions à pire !

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La marche retour est un peu longue mais elle descend. La pluie se met doucement de la partie. Après hésitation, nous décidons d’attendre le lendemain pour s’attaquer à un nouveau canyon. L’objectif principal étant le rio Bandia, gorge au débit bien plus important et bien plus engagée, nous préférons nous reposer et attendre un lendemain plus clément. Après une petite sieste et une visite du village afin de repérer les possibles restos pour le soir, nous remontons un peu la vallée en direction de Pietraporzio puis Pontebernardo afin d’aller admirer la cascade de Barricate. C’est une grande cascade de 200m, pas très verticale, avec un petit filet d’eau qui coule. Mais elle coule et cela nous interpelle. On décide donc de se lever tôt le matin afin de commencer par Barricate pour ensuite se jeter dans Bandia.

Le soir, nous retournons à Sambuco et les deux restos repérés sont complets !! Finalement, nous trouvons un endroit pour manger avant de jeter la tente sur le parking de Madonna, joli petit spot bien pratique.

6h30, le réveil sonne. Yannick et moi sommes au taquet. Gwen, lui, a plus de mal le matin. J’ai oublié le réchaud : pas de café ! Quelques biscuits et bananes plus tard, et nous voilà garés à Pontebernardo pour une marche d’approche donnée en plus de 3h30 ! Ça grimpe, mais il fait encore frais. Nous longeons le rio Conforent que Yannick avait déjà fait auparavant, le traversons et arrivons au tout départ de la vallée du Barricate, large vallon bordés de pâturages. C’est beau. 2h15 après avoir quitté la voiture, nous sommes au départ du canyon ! On a explosé le temps de marche !

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L’eau coule, et part directement dans un petit encaissement. Rien d’extraordinaire, mais le cadre est montagnard. Quelques cascades plus loin, le vallon s’ouvre et l’eau fait le grand plongeon. On désescalade un peu pour trouver le premier relais. Un bouquet de fleurs qui se prend pour un relais induit Yannick en erreur qui manque le premier fractionnement, ce qui nous fait perdre pas mal de temps et travailler mes manips. Il fait chaud, heureusement que nous n’avions pris que les bas de combis ! Le reste de la descente se passe sans encombre. Nous avons plus l’impression de descendre une paroi en rappel que de faire un canyon… Mais ça reste agréable. La fin l’est moins. Les quelques cascades finales se révèlent sans intérêt.

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Nous arrivons à la voiture à 13h. De passage par Pietraporzio, nous constatons avec effroi que la boulangerie est fermée. On grignote le peu de nourriture qu’il nous reste, quelques olives et une banane, et on repart pour les 1h30 de marche du rio Bandia. Là, ça commence à être dur dans les pattes ! Lorsque nous arrivons au départ du canyon, le temps se gâte et une bel averse nous surprend. On s’abrite et décide d’attendre quelques minutes pour voir comment le temps tourne. Aucun orage n’est prévu et souvent, le bleu réapparaît après la pluie. La pluie se calme, mais le ciel est toujours gris. Après concertation, on décide de s’engager quand même, en mode efficace ! On ne traine pas, on optimise les temps. Cela veut dire qu’il y en a un toujours devant qui équipe, deux derrière qui enkitent.

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Le débit est gros, mais l’équipement est placé très intelligemment. On progresse bien, lorsque l’orage nous tombe violemment dessus. On ne fait pas les fiers avec une sacrée averse et la foudre qui claque… On approche de la fin de la partie engagée mais il nous reste quelques cascades. On accélère, tout en restant lucide afin de ne pas faire d’erreur. La grande cascade de 40m est magnifique, dommage qu’on ne puisse pas jouer dans l’actif, ça pousse vraiment trop et on n’a pas le temps. Un dernier ressaut et nous voilà sortie de l’encaissement, bien soulagés. L’orage cesse rapidement et le grand bleu apparaît. Nous avons mis 2h pour parcourir le canyon et on s’est régalé. Très belle surprise pour un vallon de montagne !

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Mais la journée n’est pas finie. La partie avale du rio est praticable. On sait qu’elle est moins intéressante mais on joue pour le sport ! Il est 17h, nous sommes fatigués mais on a fait le plus dur le ciel est avec nous, alors on continue dans cette partie qui s’appelle le rio Bianco. Et là, c’est le drame, 1h de progression fastidieuse dans des montagnes de troncs pour afin arriver à une cascade de 40m bien arrosée ! La partie finale est moins encombrée et un tout petit peu ludique mais ne rattrape pas le début. Nous sortons à 19h du canyon, vidés mais satisfaits !

Il nous reste à aller chercher la voiture, une demi-heure de marche que nous aurions fait sans problème en temps normal, mais chacun de nous a envie de se reposer. On la joue à chi-fu-mi et c’est moi qui m’y colle. Les jambes lourdes, je remonte au petit hameau. Il est 20h quand on reprend la route, complètement affamés ! Le snack à La Courbaisse est encore ouvert lorsque nous y passons et on engouffre chacun une pizza en 2 min ! Retour à la maison, fin de l’histoire…

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Rio sec en gros débit !

Hier, avec Bérenger, nous nous étions donné pour objectif la descente du rio sec qui, comme son nom l’indique, est sec la plupart du temps. Je l’avais fait il y a quelques années en eau avec son frère Renaud mais Bérenger ne le connaissait pas. Ayant fait l’acquisition d’une combi semi-étanche récemment, il se sent un peu moins frileux pour parcourir les canyons à un autre moment que juillet ou août.

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Cascade finale de la Peïra

Après une semaine très pluvieuse et maussade, un dernier épisode violent a lieu dans la nuit vers 4h du matin. Configuration idéale pour nous, il va y avoir de l’eau ! Après nos diverses occupations matinales, on se retrouve à 11h au parking aval, d’où l’on peut observer le débit. Ça pousse, mais ça passe. Après un détour pour aller voir la cascade finale de la Peïra, nous voilà donc en combi, sous le village d’Utelle, prêts à en découdre !

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Ça éclabousse, mais ça passe dessous !

Dès la première cascade, le ton est donné ! Ne nous sommes pas là pour rigoler. Gros débit, mouvements d’eau parfois impressionnants, marmites à déversoirs… On joue la carte de la prudence et on se sert de l’équipement en place (servant habituellement à éviter les vasques croupies) pour franchir les cascades sans trop se faire bousculer. Déviations, guidés, débrayables dans tous les sens… On sort de la manip à tout va et ça prend du temps !

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Nous franchissons les obstacles parfois avec appréhension, nous demandons quelle va être la configuration de la cascade suivante, souvent dans l’euphorie de nous faire un peu brasser, chose peu courante en canyon dans les Alpes Maritimes. Mais le temps passe et lorsque nous arrivons à l’échappatoire, on se rend compte que nous risquons de nous faire prendre par la nuit. Nous n’avions pas prévu d’y passer autant de temps ! Alors on accélère un peu, d’autant plus que le débit a baissé, que ce soit à cause de pertes entre l’amont et l’aval, ou tout simplement la décrue. La partie aval du canyon se passe donc plus rapidement, et c’est encore à la lumière du jour que nous arrivons sur la route de la Vésubie !

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Bérenger en sera quitte pour un peu de retard à son cours d’escalade. Mais nous sommes heureux d’avoir pu faire ce superbe canyon dans ces conditions. La prochaine fois, on commandera juste de l’eau un peu plus claire et moins marron !

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Tunnel en crue, descente de Nougairet

Nougairet est un ravin vertical en rive droite des gorges du Loup. C’est un canyon sec, qui ne coule qu’après de fortes pluie. Ce n’était pas notre intention première hier, lorsque nous avons décidé de partir avec Yannick enfiler nos combis. Nous avions l’intention de faire le vallon du tunnel, mais le débit impressionnant nous a dissuadé.

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La grande cascade du tunnel

Lorsuqe Yannick frappe à ma porte en ce lundi matin maussade, nous ne nous attendions ni l’un ni l’autre à nous retrouver sous une cascade quelques heures plus tard. Yannick passait à l’improviste, avec l’idée d’aller grimper à Art-Bloc à midi. Moi, Art-Bloc, ça me bottait moyen, alors je jette en l’air l’idée du tunnel que nous projetons depuis au moins 2 ans ensemble, sans jamais trouver réunies les conditions et nos disponibilités. Yannick, il n’est pas compliqué à convaincre, alors ni une ni deux, je jette mon matériel de canyon dans la voiture et nous montons les gorges du Loup qui dégoulinent de tous côtés. Il pleut plus ou moins, le brouillard est très présent sur les hauteurs. C’est l’automne, c’est beau !

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A gauche, cascade de Courmes, à droite, le tunnel

Au parking dudit canyon, on se rend compte qu’il y a trop d’eau. En dessous de nous, le Loup, en crue, gronde sourdement. Nous n’avons pas énormément de temps devant nous alors nous devons prendre une décision rapidement. Après rapide concertation, on se décide pour Nougairet car nous connaissons parfaitement la marche d’approche, le départ du canyon se trouvant juste à côté du secteur d’escalade de Cayenne.

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La cascade de Courmes

On passe chez Yannick récupérer son matos et nous voilà confortablement installés dans la Polo en combinaison… On avale la marche d’approche le plus rapidement possible, sachant qu’il nous sera difficile de courir dans les tunnels noirs et très humides de l’aqueduc du Foulon sans frontale…

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Et nous y voilà, au départ de ce petit ravin très vertical. Ça coule bien, mais vraiment rien d’effrayant. On peut se permettre encore une belle augmentation de débit, cas possible puisqu’il continue de pleuvoir. Dans le pire des cas, la mise à l’abri est très facile, il n’y a aucun encaissement.

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Nous avions peur de nous retrouver dans un ravin broussailleux à devoir désescalader au milieu des ronces. Il n’en est rien, les parties de marche ne sont pas fastidieuses et les cascades très verticales et impossibles à éviter par les rives. C’est donc plein d’entrain que nous enchainons rappel sur rappel, jusqu’au dernier ou une malheureuse branche mal placée nous coincera le neuf en butée. Nous voilà dus pour une remontée sur corde…

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Le ravin de Nougairet

Il est 16h quand nous revenons à la voiture, pile dans les temps ! Nous avons eu eu passage le plaisir de passer au dessus du Loup en crue… Pour une journée inattendue, ce fut une très bonne journée !!

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Bussing

Voilà quelques temps que j’ai un oeil sur les canyons du massifs de l’Estrop. L’an dernier, déjà, j’avais pu faire Male Vesse avec Yannick et Aurélien. Cette année, je lorgnais son vallon voisin appelé non sans euphémisme le ravin de Bussing.

Dans la catégorie des canyons de plus de 1000m de dénivelée, nous n’avons pas beaucoup de prétendants dans la région. Je ne pense pas me tromper en disant que seuls Male Vesse, la Bendola et le Bussing remplissent cette condition. Il ne me restait que le Bussing à explorer : c’est fait !

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Le Bussing résonne dans l’oreille du canyoneur averti comme une promesse d’aventure, de dangers. En effet, l’environnement, la technicité et la difficulté pour obtenir les conditions nécessaires à sa descente ne sont pas à prendre à la légère.
Question environnement et conditions, on a affaire à un gros ravin bordé de pentes abruptes et de falaises. Pas question d’échappatoire, même si les encaissement sont relativement peu prononcés. Le canyon démarre à quasiment 2700m d’altitude, il faut donc composer avec la présence de névés même à la fin de l’été. Bref, un milieu que l’on peut qualifier de sauvage sans vraiment se tromper.

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Question technicité, l’équipement en place est soumis chaque année à très rude épreuve. Il faut donc s’attendre à devoir rééquiper quelques relais : trousse à spits obligatoire. Suivant la quantité de neige durant l’hiver et la période, il faut également s’attendre à devoir utiliser les techniques d’alpinisme liées à la neige et à la glace : piolets et crampons obligatoires. La cascade la plus grande fait tout de même 125m, fractionnée en 3 : grandes cordes nécessaires. Bref, les sacs sont lourds et quand on a 3h30 de marche d’approche et 1250m de dénivelée à franchir, le moindre kilo supplémentaire compte ! Voilà, j’ai planté le décor.

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A la fin de l’été, il faut bien l’avouer, l’envie de faire du « canyon client » s’étiole quelque peu. J’ai toujours besoin de raviver la flamme avec quelques quelques projets hors normes, histoire de changer de la Maglia. Le plus dur étant toujours de trouver le temps et une équipe motivée. La date était toute choisie, le seul dimanche de septembre de libre : le 28. Début du mois, je commence à chercher du monde. Avant tout, il me faut un équipier de confiance pour un canyon d’une telle ampleur. Celui qui ne craquera pas en cas de gros pépin. J’en connais deux, mais l’un sera en Italie à ce moment, en train de s’envoyer d’autres gros morceaux canyonistiques. Reste Yannick, avec qui j’ai déjà fait Male Vesse, un trip grenoblois au printemps et pas mal de longues journées dans le 06. Je le sais physiquement increvable, sûr de lui, et d’une efficacité redoutable, même si côté manips de corde, on ne peut pas dire qu’on ait été à la même école.
Dans le même souffle, je propose à Gwendal, grimpeur sans renom et farceur reconnu. Une expérience correcte en canyon, on avait fait une excellente journée sous gros débit ensemble il y a deux ans. Peur de rien, mais plus consciencieux que Yannick et quelques notions d’alpi à son actif. C’est notre Joker en cas de Passage de névé compliqué.
Bien sûr, une telle expé demande une touche féminine. J’ai donc proposé à notre célèbre Anaïs, partenaire que ceux qui lisent un peu ce blog connaissent déjà. Anaïs, je sais qu’elle avance bien, qu’elle ne panique pas sous le danger. Moins efficace que les deux garçons précédents, mais largement plus calée en manips. Et la douceur dans ce monde de chutes.
Manu ayant refusé l’invitation sous un prétexte fallacieux (qu’il regrettera à vie désormais), c’est Alex qui le remplacera. Alex, c’est le pro de la manip. C’est un vrai spéléo, tout plein de matos qui pend à son baudrier. Trop perfectionniste pour être rapide, c’est l’inverse de Yannick, mais notre Joker secours et rééquipement. Nous avions eu l’occasion de canyonner ensemble à plusieurs reprises, notamment dans Chichin, et je sais que c’est un bon atout.

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Voilà donc tout ce petit monde réuni derrière un leader autoproclamé se proclamant fier de son équipe hétérogène et hétéroclite, chacun ayant ses points forts et ses points faibles. Finalement, mon rôle à moi aura été de souder l’équipe, de lui donner confiance et de conserver le moral au beau fixe, de faire en sorte que chacun trouve sa place en cohésion avec les autres. L’air de rien, ce n’est pas si simple et ça peut s’avérer fichtrement important.

Après un échange de quelques mails et coups de fil, tout est prêt. Chacun sait ce qu’il doit apporter (Anaïs et Alex se chargent de la majorité de l’équipement canyon et secours) et nous partons le samedi soir pour une nuit dans la vallée de la haute Bléone, directement sur le parking du canyon, juste en face du petit hameau de Saume Longe. On se connait déjà tous plus ou moins, le contact passe bien (Gwen est assez calme dans ses élans facétieux), les bières circulent et le réveil est réglé à 5h du mat.

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Nous nous réveillons plus ou moins péniblement. Comme à mon habitude, tout excité à l’idée de la journée mémorable qui s’annonce, je suis le premier debout et je me charge du café. Les sacs sont prêts depuis la veille et les derniers préparatifs sont rapides, même s’il aura fallu du temps à certains pour sortir du duvet. Nous sommes surpris par le froid. Nous sommes tout de même à 1450m d’altitude et les polaires sont de mise. Je ne me sens pas de partir en T-shirt, je dois vieillir… La lune est pleine et les frontales sont inutiles car le ciel est dégagé. Nous attaquons la marche d’approche à 6h. C’est parti pour 10h d’efforts.

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Les difficultés arrivent progressivement. Ca monte de plus en plus raide dans un terrain de plus en plus compliqué. Piste, puis chemin, puis trace, puis rien. En 1h, nous arrivons au col qui surplombe le canyon. Vue impressionnante. Tout en amont, un gros névé est visible mais il semble que nous rentrons dans le vallon juste dessous. Nous continuons l’ascension par crêtes et pentes et c’est 2h30 et une vingtaine de bouquetins plus tard que nous arrivons au point culminant avec vue plongeante sur notre objectif. Le topo nous avait prévenu : ça claque. Nous sommes sur une crête, sur le bord gauche d’un grand cirque en demi-cercle dominé par de belles barres rocheuses. Les pentes sont raides et grises, le tout d’un sombre laid et grandiose à la fois. Au fond du cirque, là où le regard est irrémédiablement porté : le sourire tordu du canyon semble nous narguer. C’est maintenant que les difficultés commencent car il va falloir descendre dans ces pentes scabreuses et délitées.

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Yannick, en bon éclaireur, se charge de trouver l’itinéraire le moins compliqué pour atteindre un petit affluent, point de départ des premiers rappels qui nous permettront de prendre pied dans le collecteur, juste sous le névé aperçu depuis le col. De ma crête où j’attends sagement Alex qui traîne un peu la patte dans la dernière montée, j’observe Yannick qui se déplace, tout à fait à son aise dans cet environnement où la vie semble avoir déserté : petite tâche colorée et gambadant au milieu du gris des roches, brisure dans la monochromie. Très vite, il atteint le haut de l’affluent et attaque de descendre droit dans la pente juste à droite de celui-ci. De là où je suis, c’est impressionnant. Anaïs et Gwen suivent prudemment. Au bord du canyon, je vois Yannick hésiter puis finalement pousser un cri de victoire : il a trouvé les premiers amarrages !

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Pendant ce temps, Alex me rejoignait. Physiquement, il peine (mais on a marché vite, une heure de moins que ce que prévoit le topo). Il a fait une mauvaise glissade dans la montée et s’est fait une petite frayeur. Il m’explique qu’il a les jambes en coton et ce qu’il voit derrière la crête n’est pas là pour le rassurer. Il commence à douter. Après quelques minutes de repos et un Twix, le soleil pointe le bout de son nez. On en profite quelques secondes car on sait que plus bas, on ne le reverra pas de si peu. Il rassure Alex et j’essaie d’en faire autant. Il n’est pas à l’aise, a peur de nous retarder. Je lui explique que nous sommes largement dans les temps, que devant, ce sont des machines, que la descente qui nous attend est plus impressionnante que difficile et que ce sera le plus dur à passer pour lui parce qu’après, dans le canyon, on retrouvera un environnement plus familier. Je fais mouche. On commence la descente vers les autres, patiemment installés sur une vire et se préparant à l’assaut. Ça prend le temps qu’il faut, mais nous les rejoignons finalement. Nous sommes sur la même base de temps que le topo. Tout va bien.

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Il est grand temps de s’équiper, ranger les bidons au mieux possible (on a pris trop de fringues et trop de bouffe !), d’enkiter les cordes et d’attaquer la première cascades. L’affluent est réputé généralement sec. Pour nous, il coule. Ca promet un peu plus d’eau que prévue dans le collecteur et ce n’est pas pour me déplaire car le Bussing n’est pas un canyon aquatique. Si on se fait un peu mouiller sous cascade, c’est toujours plus amusant.
Je suis le premier sur la corde, installée sur la corde par Yannick. Nous avons deux fractio à passer pour une cascade de 85m. Noeud en bout de corde, système débrayable ? OK, je descends jusqu’à apercevoir le relais suivant. Il fait peur : un point à moitié sorti, une plaquette tordue… Ça tiendra bien ! Anaïs me rejoint, j’équipe la suite et elle descend jusqu’au fractio suivant. A cet instant, une neige fine et éparse commence à nous tomber dessus. Inquiets, les regards se portent au ciel : toujours dégagé ! C’est étonnant et c’est tant mieux, aucun danger météorologique dans l’immédiat. La neige s’est déjà arrêtée.

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Un rappel plus loin, et le premier d’entre nous pose les pieds dans le collecteur. Nous y voilà. Nous enchainons alors les rappels faciles dans cette partie appelée le frigo. Nous n’avons pas froid, l’équipe se rode bien. Yannick me tonche une corde, petit rappel à l’ordre : on ne bourrine pas, on débraye systématiquement. On fait gaffe quoi ! Et très vite, nous voici à la difficulté principale : la cascade de 125m. 2 fractio : un à 15m, juste après le cassé sommital, l’autre 55m après le premier. Je me lance après un rapide briefing avec Yannick qui s’installera au deuxième relais. Anaïs me débraye. Avec 120m sous la jupe, ça fait des papouilles dans le bidon ! J’atteins le relais, ni très confortable, ni très propre : un piton, un spit, reliés par une corde et quelques vieilles sangles. La place pour 2 tout juste, en se marchant sur les pieds. Je me cale au mieux possible et je commence à installer la suite. Yannick me rejoint et file 55m plus bas. Ca ne frotte pas, c’est déjà ça. Deux coups de sifflet et les équipiers déboulent les uns après les autres. On va vite mais ça parpine. La roche est délitée et Gwen fait partir un caillou de la taille d’un cubis de mauvais rouge. Sans conséquence heureusement. Peu après, Anaïs prend pied au bas de la cascade, 110m sous moi. Tout a l’air de bien se passer. Alex ferme la marche. Il a repris son assurance. On rappelle, ça vient. Il descend, je le suis. Avec Yannick, on rappelle la 55. C’est dur mais ça vient encore. Le plus dur est fait. Je file dessous et m’écarte pour regarder le gros morceau qu’on vient de descendre : c’est beau !

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Dès lors, il ne nous reste plus que des cascades faciles. Si on fait gaffe aux frottements et à nos installations, on ne devrait pas avoir de problème. On passe sous un énorme névé écroulé en son milieu. Dessous, dessus, dessous. Il dégouline, il est suffisamment fissuré pour y voir le jour au travers. On sent qu’il ne va pas tarder à s’affaisser alors on ne traine pas dessous, malgré la majesté du lieu. La météo tourne un peu. Le soleil joue à cache-cache (ceux qui ne l’on pas reçu sur la crête ne l’ont pas vu depuis la veille !), on se prend quelques gouttes de temps en temps et les sommets se sont couverts de brume. Rien d’orageux cependant. Mais on ne prend pas le temps de regarder les petites fleurs. Surtout Yannick qui file devant dans cette partie que l’on appelle le glacier noir. Il installe sa corde, descend, attend le suivant, récupère son kit et avance jusqu’à la cascade suivante. Ainsi de suite. Comme à son habitude, il ne fait pas dans la finesse alors je dois souvent reprendre son installation pour optimiser la sécurité. Tout le monde est au point, mais avec la fatigue qui s’accumule, une erreur est vite arrivée. On perd un peu du temps, et ceux à l’arrière ne font qu’enkiter les cordes, tâche peu valorisante. Enfin le soleil atteint le fond du vallon, nous en profitons pour faire une pause, manger une bonne partie de ce que nous transportons dans les bidons, et debriefer sur notre organisation qui ne convient pas. Il est tout juste 13h, et nous sommes déjà au début de la partie médiane. La météo est correcte, nous sommes en avance sur le planning (3h contre 5h topo dans la partie amont). Ce qu’il nous reste à faire est donné en 3h. Je nous l’estime à 1h30 (et avec justesse).

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Lorsqu’on s’arrête, le froid se rappelle à nous. Alors on reprend notre route. Tout le monde avance bien. Personne ne flanche avec la fatigue qui nous serre les genoux. Malgré les provisions dans nos ventres, les sacs ne paraissent pas plus légers. Mais la partie médiane est agréable. Les cascades sont belles, les encaissements parfois profonds et la végétation est réapparue autour de nous, ce qui rend l’environnement moins oppressant. On profite plus. Tout le monde se met à équiper grâce à un Yannick qui a pris le pas du groupe. Gwen coince une corde d’ailleurs mais rien de grave. Il cafouille aussi sur la dernière cascade mais nous rectifions sans stress. Et déjà, c’est terminé ! Cette partie sera passée en un éclair tant nous avons été efficaces. Il est 15h quand nous repérons le grand cairn annonçant le sentier de sortie qui lui, pour la peine, n’est presque pas visible. 45min plus tard, nous sommes aux voitures. Fatigués et heureux, sortant de nos gangues de néoprène pour enfin remettre nos fesses au sec avant de décapsuler et partager une ultime Grim.

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L’équipe a super bien fonctionné et les petites difficultés physiques et psychiques ont facilement été surmontées. Il est tant de reprendre la route vers nos responsabilités respectives, mais avec cette petite touche de légèreté qui nous prend quand on sait qu’on vient de vivre un moment fort. Merci les gars, c’était au top ! Vivement la prochaine fois. Des projets, j’en ai encore plein la caboche.

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On a testé pour vous : le Green canyon !

Mais avant ça, une petite transition s’impose. Cela fait largement plus d’un an que je n’ai pas écrit d’article sur mon blog après tout, alors il faut bien une petite explication.

– Tu n’as rien fait pendant un an ?!

– Mais non, au contraire, je n’ai pas arrêté !

Bon, c’est un peu exagéré. Je m’excuse tout de suite auprès de ceux qui triment comme des fous, parce que quand j’ai l’impression d’en faire trop, ça ne veut pas dire que j’en fais beaucoup, hein !

Donc voilà, j’ai « monté » le Collectif Canyon avec Bérenger et Renaud Boulvert au printemps dernier, ce qui nous a pris pas mal d’énergie. Vous pouvez tous aller faire un tour sur le site et sur la page Facebook. Donc dorénavant, la saison de canyon, nous la faisons à trois, et c’est bien pratique sous bien des aspects. Ça ne veut pas dire qu’Expression Verticale ça n’existe plus, attention ! Disons que je travaille pour deux structures parallèlement. Mais tout ça nous importe peu en réalité, alors j’avance.

J’ai également travaillé pour le club d’escalade de Cagnes sur mer, et j’ai participé à refaire le site internet que vous pouvez aller voir ici. C’est un blog comme celui-ci, et vous verrez pas mal d’articles à mon nom (Sylvain, pas Expression Verticale !)

En plus de ça, j’ai continué les cycles ESAPS avec l’UCPA après quelques petites modifications de status. Dorénavant, c’est Activ’Roc qui prend en charge la gestion et nous sommes 4 à travailler sur le dispositif, ce qui n’est pas plus mal vu la charge de travail. La page Facebook, c’est encore moi qui l’ai créée…

Vous l’aurez compris, à se battre sur tous les fronts, on s’oublie un peu ! Alors je reviens dire ici que je suis toujours présent, et un tout petit peu plus actif sur la page Facebook d’Expression Verticale où vous trouverez les liens vers tout ce que je fais ! Donc l’important, c’est de liker cette page !

– Bon, sérieusement, c’est quoi le titre de cet article, on ne comprend rien !

– Oui, j’y viens ! Deux secondes !

Alors voilà, comme chaque année depuis 3 ans, nous essayons avec Marion de partir en mai pour un voyage un peu sympa. Pour l’instant, notre petit budget nous oblige à aller vers l’Asie et en 2016, c’est l’Indonésie qui a été choisie. Java et Bali. Ça fait rêver, je sais. Bon, je ne vais pas raconter le voyage, parce que ce n’est pas le propos, mais juste une petite activité à la demi-journée que nous avons eu l’occasion de faire proche d’un petit bled de pêcheurs au sud de West Java appelé Batu Karas : le Green canyon !

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Je mets en garde maintenant, parce qu’il est vrai que j’avais eu une énorme envie de faire du canyoning pendant ce trip. Mais en mode backpacker comme nous voyageons, vous imaginez bien qu’il serait un peu compliqué de se trimballer avec des combis et quelques rouleaux de corde sous le bras. J’avais donc regardé les propositions de guidage sur internet et j’avais vite déchanté… Il est possible de faire du canyoning sur Java et Bali, mais les prix sont exorbitants !!! Sur Bali, le prix du canyon journée va jusqu’à 245$ !!! WTF ! C’est la seule activité où les tarifs dépassent largement ceux pratiqués chez nous ! A ce prix là, autant aller faire une dépose hélico dans le Tessin, non ? Et encore au départ direct de Nice !

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Donc, après mûre réflexion de 5 secondes, je m’étais dit tant pis, le canyoning dans la jungle, ce sera quand je serai riche, vieux et c… Qui a dit que je n’avais plus qu’à devenir riche ?

– Mais alors, le Green Canyon, c’est quoi ?

Alors le Green Canyon, c’est pas vraiment un canyon, c’est un peu comme le Loup ! (Et bim, dans ta gueule, le Loup !) C’est une randonnée aquatique. Ils appellent ça du body rafting là-bas. Et c’est bien choisi parce que la rivière est grosse et on fait en fait pas mal de floating, avec quelques sauts. Mais l’intérêt, il est surtout lié au cadre. Parce qu’une rivière dans la jungle, moi je n’avais jamais vu !

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Alors voilà, pour la modique somme de 200000 idr, soit a peu près 13€, on te fournit un gilet de sauvetage, un casque bien pourri et le dernier modèle de five.ten (cf les photos), on t’amène au départ dans la benne d’un petit camion, tu descends la rivière avec 2 guides (nous on était un groupe de 6 personnes à peine), et tu rentres en bateau. Non, Expression Verticale ne désire pas s’aligner sur les tarifs javanais. Par contre, sur les tarifs balinais cités plus haut…

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Après une bonne demi-heure de route/piste chaotique, quelques minutes de marche pour descendre dans la vallée, nous rejoignons la Green River qui, en fait est plutôt une Brown river. Oui, il a malheureusement plu les jours précédents et c’est dans de l’eau bien marron que nous commençons à descendre. Bah, TII (This is Indonesia) comme ils disent aux touristes. Alors voilà, sous la responsabilité (je me demande bien à quel niveau d’ailleurs) de nos guides (pardon, je n’ai rien compris à leurs noms) en qui nous faisons totalement confiance, nous nous engageons dans les zones de nage tranquille, de floating parfois assez sportif, et de petites marches sur le côté de la rivière pour éviter les zones de rapide un peu dangereuses. Ça se passe bien, les gars sont plutôt pros, et on est en confiance, même si on ne comprend rien à ce qu’ils disent. On suit la petite famille qui est avec nous. Quelques sauts ponctuent la descente mais assez peu au final. Mais on s’en fout, on s’amuse quand même et surtout, on s’émerveille d’être là, au beau milieu de la jungle, à regarder attentivement les rives en espérant voir débarquer un rhinocéros, un papou, un léopard ou un orang-outang. Bien sûr, on ne verra rien de tout ça. Juste des légions entières de tout petits crabes blancs. Mais quand même, c’est un cadre qui laisse un peu libre court à l’imaginaire…

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Plus nous avançons dans la journée, plus la rivière est belle. Après une petite pause nouilles instantanées et café, nous arrivons dans la zone finale, la plus encaissée et la plus jolie, se terminant par une grotte un peu comme dans la Maglia mais en largement plus grand. C’est beau, vraiment, et les photos ne rendent malheureusement pas honneur à la majesté du lieu. Bref, nous en avons pour notre argent. Largement. De là, nous embarquons sur un beau petit bateau et nous finissons de descendre la rivière jusqu’à la base. On profite une dernière fois des paysages, qui s’urbanisent au fur et à mesure qu’on descend avant de rendre le matériel et rentrer à la guest house. Une journée excellente !

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Rouge et blanc

Non, ce n’est pas un article sur Monaco ou sur les vins à boire en période post fêtes. Non, aussi aberrant que cela puisse paraître en cette saison, il s’agit bien de parler une fois de plus de canyoning. Et non, il ne s’agit pas de trip canyon en hémisphère sud où l’été bat son plein, ni du dernier canyon sec à la mode des Alpes Maritimes, équipé pour ronger son frein en attendant l’autorisation de retourner dans l’eau au 1er avril. Alors pourquoi ce titre ? Il me suffit de vous montrer une photo pour comprendre.

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Avant d’aller plus loin dans la description de ces deux journées qui m’ont amené à parcourir le vallon de Challandre dans les gorges du Cians et la célèbre clue d’Amen dans les gorges du Daluis, faisons un point législatif. Dans notre cher département, royaume métropolitain du canyon français, la pratique de notre activité est interdite du 1er novembre au 31 mars par arrêté préfectoral. Pourquoi une telle interdiction vous demandez-vous ? La raison principale que j’évoquerais est la question des secours. En effet, en hiver, l’eau devient froide voire glacée. Les risques d’hypothermie et d’accidents sont multipliés du fait de l’environnement et de la fatigue supplémentaire occasionnée. De plus, à la fonte des neiges, les crues peuvent être démoniaques. Bref, cela requiert parfois des compétences poussées en matière de canyoning pour parcourir nos canyons durant cette période. Donc, pour éviter de trop faire décoller les hélicoptères de nos sympathiques et forts utiles secouristes, on a préféré en interdire la pratique. On pourrait évoquer également un petit côté écologique où les truites de la Maglia pourraient profiter d’une période de repos pour se reproduire sans risquer de se faire piétiner par une semelle de 5.10. Mais là, c’est juste une hypothèse.

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Bon, OK, les canyons sont interdits, mais pas tous. En effet, l’arrêté préfectoral stipule que ne sont pas concernés les canyons dits secs ou habituellement secs. Un peu floue comme notion, mais cela signifie qu’on peut toujours aller s’amuser à taper des rappels dans des vallons pourris en doudoune ou même attendre de bonnes pluies pour descendre ces mêmes vallons en eau. Et ça c’est cool !

Bon, vous avez saisi l’idée, Challandre et Amen sont bien sûrs interdits pendant la dite période. Cependant, ces canyons-là font partie de la liste d’une quarantaine de canyons gérés par le Conseil Général. En tant qu’instance suprême de notre département, tout doit être irréprochable et les canyons concernés sont donc contrôlés chaque année. Je vous passe les raisons administratives qui font que cela doit être fait en plein hiver et me voilà donc à travailler pour le CG, par le biais de la FFME à gigoter dans des vasques à demi-gelées !

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Parlons un peu technique maintenant. Le principal souci en hiver en canyon, c’est le froid. Plusieurs solutions s’offrent à nous en matière d’équipement.

On peut s’habiller en combinaison étanche. Seules les extrémités sont exposées : tête, mains, et pieds (les pieds pas toujours). Dessous l’étanche, on s’habille comme on veut (polaire, doudoune…) Les gros avantages, c’est le poids et la mobilité. Les gros inconvénients, ce sont l’hydrodynamisme, la fragilité et le prix. En effet, on a du mal à nager en étanche, et il s’agit de ne pas la percer en milieu de canyon, conséquences tragiques. Gare donc aux frottements. Il vaut mieux éviter les toboggans et les canyons aux nombreuses désescalade qui frottent. Amen et Challandre sont parmi ceux-là.

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On peut également s’habiller en humide, c’est à dire en néoprène classique. Plein de combinaisons de combinaisons s’offrent à nous, entre la deux pièces, la monopièce, la fine, le shorty, la souris, le lycra, le K-Way. Pour ma part, je sors avec ma Vade Retro 2 pièces 5mm classique, + lycra + souris 2mm et les indispensables chaussons 5mm et gants 3mm. Avec ça, je traverse une vasque sans ressentir le froid ailleurs que dans les mains, ce qui serait presque pareil avec une étanche. Inconvénients : poids et mobilité. Avantage : protection contre les gamelles et indestructible (ou presque).

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Voilà donc, le principal secret pour ne pas mourir de froid, c’est de bouger. Tant qu’on garde le rythme, ça va. Il ne faut pas trainer dans les manips de corde, et il faut prendre garde à la fatigue, qui survient bien plus vite qu’en été. Il s’agit également de prévoir d’avoir bien mangé, d’avoir de quoi se réchauffer au cas où, et tout l’attirail de glaciériste si le canyon a commencé à geler : crampons, piolet, quelques broches à glace au cas où. Avec tout ça, on peut enfin commencer.

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Lors de la descente du vallon de Challandre avec David, nous n’avons pas eu besoin du matériel de glace. C’était une très belle journée de janvier, juste après une chute de neige fraîche. A ce moment de l’année, point encore de stalactites dangereuses, juste 30 bons centimètres de poudreuse qui vont ralentir notre progression dans la marche d’approche et rendre un peu plus délicate la recherche des ancrages. La première partie était la plus fastidieuse. Ça glissait beaucoup et le vallon était à l’ombre. Il fallait avancer vite. Arrivés aux cascades, le soleil a fait son apparition et il faisait suffisamment doux pour que nous prenions le temps faire quelques toboggans.

La clue d’Amen a nécessité une autre logistique. Marche d’approche conséquente, canyon long, glissant et ombragé… Nous avons fait la descente avec Guillaume alors que le froid avait déjà bien attaqué sa progression. La vasque de la cascade finale était bien gelée. De la neige sur les rives, de la glace sur la roche aux abords de l’eau et de l’eau bien bien froide là où ça coulait. Étant donné qu’il était indispensable que l’un d’entre nous progresse en crampons pour certains passages particulièrement glacés, Guillaume les a gardé aux pieds, préférant avoir un pied sûr. Moi je les ai gardé dans le sac. Ça complique le passage des cascades mais ça permet de garder plus d’agilité. Les pires moments d’inconfort ont été ceux où il a fallu mettre la tête sous l’eau. mais à part ça, nous avons bien géré le froid et notre vitesse de progression a été plutôt bonne (un peu moins de 3h dans le canyon).

Bon, mis à part le côté masochiste de cette activité, les paysages traversés sont tout simplement hallucinants. C’est un peu comme se retrouver au sommet d’une montagne enneigée à chaque pas. De l’émerveillement, encore et encore…

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Quelques canyons d’inter saison

La saison touristique terminée, il est temps de sortir des sentiers battus. Certes, à titre professionnel, je tourne essentiellement dans quelques canyons classiques et ludiques. Mais lorsque j’ai le temps, j’enfile la néoprène pour des canyons que je ne connais pas ou peu, où la composante aquatique laisse souvent place à la verticalité. Certes, les canyons aquatiques des Alpes Maritimes ferment au 31 octobre. Mais il nous reste un nombre assez conséquent de canyons dits « secs » qu’il est possible de parcourir pendant la période hivernale avec parfois des débits conséquents après une bonne période pluie. Petit tour des canyons déjà parcourus cette année.

Touët Touët

Le ravin de St Martin

Au départ de Bairols, village perché et méconnu de la vallée de la Tinée, ce ravin présente un débit faible et il faut attendre quelques belles précipitations pour espérer s’amuser dans l’eau. Un très beau vallon forestier ponctué de quelques encaissements et de belles cascades dont une superbe pendulaire de 85m. Un régal !

Le ravin de St Jean

Situé dans les Alpes de Haute Provence, non loin d’Annot, ce ravin n’est pas vraiment inconnu des professionnels du coin. Une marche d’approche agréable, pas de navette, et un vallon bien creusé pour un bon nombre de cascades plutôt courtes. Quelques sauts également pour agrémenter le tout et vous avez un joli canyon assez complet qui ne rivalisera pas avec nos must du 06, mais qui vaut le coup d’oeil.

La clue du Chaudan

Parmi les canyons les plus éloignés du département, la clue du Chaudan doit faire partie du top de la liste. Au départ d’Entraunes, cette belle rivière offre tous les ingrédients d’un joli canyon d’initiation. Une roche sculptée, des sauts, des toboggans, et même un rappel de 30m pour le final. Dommage qu’il soit si loin !

Le vallon de Touët

Ce vallon est un mini canyon de 4 cascades quasiment sec toute l’année. Il coule seulement après de fortes pluies. Très facile d’accès, c’est le canyon le plus urbain que je connaisse. La dernière cascade arrive directement dans le village de Touët sur Var et le ruisseau continue en passant sous l’église ! A faire quand on en a l’occasion.

Le Vallon de Valcros

Le voisin du vallon de Touët, beaucoup plus sauvage et encore moins aquatique. Son seul intérêt réside dans une belle cascade de 75m en fil d’araignée. Pas facile d’y trouver de l’eau, mais complète bien une journée avec le vallon cité au dessus.

Le ruisseau de Ciambairo

Une belle surprise que ce canyon situé non loin de Menton, tout poche d’un site d’escalade que tout grimpeur qui se respecte connait : Castillon. La rivière n’offre pas d’encaissement incroyable et serpente parmi les arbres. C’est beau, quelques vasques permettent des sauts avant d’arriver à la belle C65.

Le vallon du Tunnel

Nettement moins pratiqué que la cascade de Courmes voisine, ce canyon est en réalité un grand rappel de 90m pendulaire, dont le caractère aquatique est si peu marqué qu’il faut bien calculer son coup pour avoir de l’eau. Lorsque l’eau et présente avec le soleil, cela peut donner lieu à un moment enchanteur…

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Canyon et neige : le torrent de Chichin en vidéo

L’an dernier, le premier week-end où le froid est arrivé fut celui du 12 octobre. C’est ce week-end que nous avions choisi pour franchir le col de la Bonnette jusque dans la vallée de la Byaisse, dans le parc national des Ecrins pour descendre le torrent de Chichin et les Oules de Freissinières. les nuits furent si froides que nous avions du abandonner le canyon du dimanche, la perspective de se glisser dans des combinaisons rendues dures par la gel ne nous enchantant que très peu. C’est donc dans le givre mais sous le soleil que nous attaquions la marche d’approche de Chichin, jusque sous le village de Dormillouse, heureux comme des gardons. L’eau fut froide, le soleil fuit et la neige nous surprit mais l’expérience en valait la chandelle ! Un an après, je me suis enfin attelé au montage des vidéos que j’avais prise.

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Portes ouvertes à l’Allianz-Riviera : petite vidéo

Quand on fait mon boulot, on se retrouve parfois à intervenir sur des événements spéciaux, et à encadrer une activité peu ordinaire. Me voilà donc, en ce dimanche 21 septembre, responsable de la sécurité sur la tyrolienne géante installée dans la longueur du stade de foot Allianz-Riviera à Nice qui, pour fêter ses un an, organisait une journée portes ouvertes. Visite du stade, fanfares, slackline, jumpline, highline et tyrolienne (pour les sélectionnés par Kiss FM) sont au programme. Plus de 8000 personnes sur la journée et une bonne vingtaine de passage sur la tyrolienne que nous avions réglée la veille avec Bérenger au prix de nombreux essais.

Allianz-Riviera Descente en rappel depuis la passerelle.

Grâce à la gestion de Romain de Slack-Mountain, cette journée s’est déroulée sans soucis, et nous avons même pu faire sauter quelques personnalités telles que le directeur du stade et le maire de Nice. Bravo à eux, ça demande un certain courage !

Guillaume sur la highline Guillaume sur la highline

En attendant les vidéos des pros présents sur place, voici quelques images des highlines et des sauts sur la tyro :

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Canyoning dans les Pyrénées Orientales

Avec Marion, nous avons profité d’une semaine de vacances bien méritée pour partir vers l’ouest et faire un tour de nos amis établis dans le Languedoc Roussillon. Cela nous a amenés jusque dans les Pyrénées orientales, fief de quelques beaux canyons dont le célèbre Llech.

Llech Llech

Ce fut donc notre première destination : un canyon pas trop long, pas trop dur, et dont nous étions sûrs de la valeur. En cette fin de saison et en semaine, ce n’est pas la foule qui accable. Le vallon fermera d’ailleurs ses portes quelques jours après notre passage. C’est seulement sur le parking au petit matin que 3 poneys nous donnent de la compagnie pour notre petit déjeuner. Ensuite, la rivière était pour nous.

Llech Llech

Après quelques minutes de marche sur une piste, nous attaquons la descente vers le fond du vallon qui n’est pas très longue mais se mérite quand même. Elle est raide et aboutit directement là où l’on s’équipe, à quelques enjambées du premier obstacle. Ce premier saut est un peu technique car il faut sauter par dessus une grande avancée rocheuse. Marion préfère la corde, que nous ne sortirons plus très souvent. Ensuite, les obstacles s’enchainent quasiment sans pause. Beaucoup de toboggans de tous les styles. Des raides, des tordus, des grands, des larges, des éjectables. Tout passe, le canyon est très bien équipé et on ne se pose pas de questions. Quelques sauts viennent aussi agrémenter le parcours, dont un beau de 10m dans une belle vasque. Les bassins sont grands, profonds, et même si l’eau est sombre, et le soleil pas franchement présent (orientation plutôt nord), le cadre est bien joli. Le temps de jeu est malheureusement un peu court, car nous sortons de l’eau à peine 1h30 après y être rentrés. Mais quel régal ! De là, il ne reste plus qu’à entreprendre la longue remontée jusqu’à la voiture. Quoiqu’il en soit, un must à faire impérativement si vous trainez dans les parages.

Cady Cady

Le soir même, nous dormons au col de Jou, à quelques kilomètres à peine de là. Après analyse des topos, et comme nous n’avons qu’un seul véhicule, nous décidons d’attaquer la marche d’approche du Cady de ce point de départ. Direction donc le col du cheval mort au petit matin, en à peu près une heure, en compagnie d’un club de randonnée pour 3ème âge fort joyeux et assez utile dans la mesure où nous n’avons pas de carte. Une demi-heure après le col, nous voilà à la passerelle enjambant la rivière. L’orage de la veille nous a apporté un débit pas franchement débonnaire mais loin d’être dangereux quand même. Alors nous nous engageons dans ce long canyon beaucoup plus sportif et aventureux que la veille. Ici, l’équipement est minimaliste et pas toujours optimisé. La vallon est beaucoup moins encaissé et très glissant. Par contre, le caractère sauvage est très présent : on se sent (et on est) loin de tout ! Il nous aura fallu 4h30 pour terminer la descente, évitant souvent l’actif par des mains courantes peu évidentes. Si le canyon offre sûrement de nombreux sauts, nous n’avons pu en essayer aucun car les vasques sont toutes trop sombres et à deux, l’utilité d’aller sonder n’est pas vraiment fondée. Quelques belles cascades et toboggans ponctuent cette aventure à réserver à des équipes sportives. Car au bout du canyon, il reste encore 1h30 de marche pour revenir à la route ! Et un bon footing pour aller récupérer la voiture. Grosse journée !

Gourg des Anelles Gourg des Anelles

Au troisième matin, nous sommes décidés à calmer un peu le jeu et chercher un beau petit canyon ludique. Notre choix s’oriente vers le gourg des Anelles, affluent du Tech, la vallée plus au sud, presque à la frontière espagnole. Cette fois, les marches ne sont pas épuisantes (la remontée un peu quand même), et le canyon une fois de plus enchanteur. Moins soutenu qu’un Llech, nous découvrons tout plein de belles vasques, sauts et toboggans. Le premier obstacle est le plus grand : 25m. Le dernier le plus fun : toboggan de 12m. En tout cas, un canyon facile, pas trop fatiguant comme on en recherchait. Superbe !

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