Tinée : de l’eau sur le casque (plutôt deux fois qu’une)

Mardi 09 juillet 2014, j’ai réalisé deux souhaits simultanément : celui de faire un canyon avec les deux Yannick et Gwen, et celui de faire un canyon vraiment arrosé.

Notre choix s’est tout d’abord porté sur le Bausset, ce torrent affluent de la Tinée que j’avais fait l’an passé avec Renaud. Un très beau canyon au vertical fortement prononcé où les rappels s’enchainent encore et encore. J’avais vu un post qui indiquait que des gens l’avaient fait signalant un gros débit mais que tout passait bien. Alors je me suis dit : « Pourquoi pas nous ? » Un coup d’oeil depuis la route nous confirme qu’il y a pas mal d’eau mais que ça semble largement faisable. Nous voilà donc partis pour les 45 min de marche plutôt raide pour atteindre le départ du vallon.

Rappel Toboggan Rappel Toboggan

Nous sommes en nage lorsque nous mettons enfin les pieds dans l’eau. Elle est froide et nous sommes encore à l’ombre. Heureusement pour pas longtemps. Dès le début de canyon, les hostilités commencent et l’eau pousse fort. Mais rien d’insurmontable, comme nous l’avions prévu. Nous descendons toutes les cascades dans l’actif, jouant même un peu avec l’eau quand c’est possible. Un vrai régal !!! 2h45 plus tard, nous voilà déjà de retour au pont puis à la voiture.

Il est encore tôt, et nous avions prévu de faire un deuxième canyon. J’étais passé l’avant veille voir la fin des cascades de Guercha, un tout petit canyon juste au dessus d’Isola. Le débit m’avait semblé correct et le canyon est bien noté. On a déjà pris pas mal d’eau sur le casque alors on se dit qu’un truc pas long, ça ira bien.

Seulement voilà, la vie est pleine de pièges et même si je me doutais de l’entourloupe, je me suis fait avoir comme un bleu : un captage récupère une très grosse partie du courant juste en amont du pont où l’on observe le torrent. Le débit est en réalité 3 fois celui observé. Nous nous en rendons compte une fois arrivés au départ du canyon et le doute nous envahit. C’est un canyon inconnu, on en a déjà dans les pattes, mais en même temps, il est court et peu engagé. On doit pouvoir se débrouiller pour sortir n’importe quand. L’équipement est dans l’actif, et l’actif est vraiment très gros ! Alors on shunte la première cascade en passant par les arbres en RG. Au pied, on se dit qu’on aurait pu quand même. Alors la suite, on y va franchement. Et là, ce n’est pas de la tarte ! Impossible de mettre un pied dans l’actif sans se faire emporter. Quand on n’a pas le choix d’aller dans le gros, on se fait lessiver, balloter, parfois renverser. Mais on tient bon, toujours notre corde à la main, avec pour seule consigne de ne jamais nous arrêter quand l’eau nous engouffre, nous assourdit, nous empêche de respirer. C’est impressionnant !

Gwen dans la grande cascade Gwen dans la grande cascade

Elle nous joue des tours cette rivière. Les cascades sont sculptées de façon incroyable, et l’eau bondit et rebondit de part et d’autre du vallon, dans un fracas assourdissant, avant de venir s’écraser dans une énorme explosion d’écume sur un bloc en contrebas. Puis elle repart de plus belle. Certes, le canyon est court mais il est intense et les zones de repos ne sont pas légion. Nous crions pour nous faire entendre, disparaissons à la vue des camarades sur le qui-vive et prêts à débrayer au moindre doute. Lorsque les deux coups de sifflets retentissent, c’est toujours avec soulagement que nous les accueillons. Chaque obstacle prend du temps car il faut analyser la trajectoire : tantôt passer sous le flux, puis l’enjamber, pour enfin foncer dedans et reprendre pied un peu plus bas. Le moindre ressaut devient compliqué mais nous avançons, tendus vers la sortie.

Et lorsque nous quittons enfin le vacarme de la dernière cascade, personne n’a aucun idée du temps que nous venons de passer. Un peu plus de 2h pour ça ! Nous sommes lessivés mais heureux, ayant la sensation d’avoir accompli chacun un exploit personnel.

Allez, il est grand temps de rentrer à la maison. Mais on ne passe pas devant Crama en descendant ? Gwen et Yannick ne l’ont jamais fait ! On ne peut pas les laisser en l’état…

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2 réponses à Tinée : de l’eau sur le casque (plutôt deux fois qu’une)

  1. julien dit :

    hello la compagnie! je suis du caf de cannes et je vois que vous avez découvert ce superbe « petit » torrent de montagne…. Nous l ‘avons redécouvert il y a deux ans et entièrement rééquipé l ‘année dernière, car tout était en monopoint(pas spécialement rassuré lors de notre première descente car il y avait le même débit et ca fait réflechir!!!) et pas dans l ‘actif. J ‘espère donc que vous avez autant pris votre pied que nous. Si vous aimez ca essayer le torrent de fuse en italie vers le col de neva… sensation garanties!!! bonne descente. le caf cannes.

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